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Carte de restaurant

Carte de restaurant en PDF sur son site : faut-il en faire une vraie page ?

Mis à jour le · M-Squared, studio web à Paris

Oui, dans la plupart des cas. Publiez votre carte en texte, sur une page de votre site : elle se lit sans zoomer sur un téléphone, se corrige en quelques minutes, se lit avec un lecteur d’écran et peut servir de « Lien vers le menu » sur votre fiche Google. Votre PDF peut rester, en lien de téléchargement sous la carte.

Ce n’est pas que Google ignore les PDF : il indexe ceux qui contiennent du texte. Le problème vient des cartes scannées ou photographiées, des fichiers qui obligent à zoomer et des versions oubliées en ligne. Aucun texte n’oblige à publier sa carte sur internet ; si vous le faites, les prix sont TTC et doivent être ceux de la salle.

Ce que Google lit dans un PDF, et ce qu’il ne lit pas

Google indexe les PDF. Selon sa documentation pour les éditeurs de sites (Google Search Central, page mise à jour le 3 février 2026), il peut indexer le contenu de la plupart des fichiers texte et de certains formats de documents, dont le PDF. Une carte exportée depuis un traitement de texte contient du vrai texte, que le moteur peut lire.

Une carte scannée, ou une photo de l’ardoise enregistrée en PDF, est une image. Dans une note de 2011 toujours en ligne, Google écrit qu’il « peut » traiter ces images par reconnaissance de caractères, pas qu’il le fait à coup sûr, et donne une règle simple : si vous pouvez copier le texte du PDF et le coller dans un document, il devrait pouvoir l’indexer.

Même lu par Google, un PDF reste un fichier isolé : le client qui le trouve arrive sur la carte sans vos horaires, votre adresse ni votre bouton de réservation. Le Nielsen Norman Group, cabinet américain de recherche en ergonomie, recommande que les moteurs mènent à une page web qui résume le document et propose le PDF en téléchargement, jamais au PDF directement (2020).

  • Ouvrez votre carte en ligne sur votre téléphone et essayez de sélectionner le nom d’un plat : si rien ne se sélectionne, c’est une image.
  • Cherchez sur Google un de vos plats suivi du nom du restaurant : regardez si c’est votre site, le PDF ou une photo de client qui sort.
  • Comparez les prix du PDF en ligne avec ceux de la salle aujourd’hui.

Sur un téléphone, le PDF fait sortir le client du site

Le Nielsen Norman Group décrit ce que vit le lecteur d’un PDF sur mobile : pincer pour zoomer, faire défiler dans tous les sens, perdre le fil. S’il s’ouvre dans un nouvel onglet, le bouton retour ne ramène plus au site ; s’il est lourd, il se télécharge sur les données mobiles du client.

Une page web, elle, met la carte à la largeur de l’écran : une colonne, des prix alignés, un texte qui s’agrandit sans faire défiler la page de côté. Le bouton « Réserver » et l’adresse restent à portée de pouce.

Pour une personne aveugle ou malvoyante, l’écart est plus net. Le RGAA, le référentiel d’accessibilité publié par l’État, demande qu’une image contenant du texte soit remplacée par du texte mis en forme quand c’est possible (critère 1.8), et qu’un document à télécharger soit accessible ou doublé d’une version accessible, par exemple en HTML (critère 13.3) ; le W3C dit la même chose des images de texte (WCAG 2.2, critère 1.4.5). Une carte scannée ne donne rien à lire à un lecteur d’écran. Ces règles s’imposent aux organismes publics et aux entreprises au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires fixé par décret (loi du 11 février 2005, article 47) : un restaurant indépendant n’est en général pas visé, mais ses clients malvoyants, eux, sont bien là.

Ce que la loi demande pour les prix, en salle et en ligne

Les obligations d’affichage visent d’abord le restaurant. L’arrêté du 27 mars 1987 impose d’afficher de l’extérieur, pendant le service et au moins à partir de 11 h 30 pour le déjeuner et de 18 h pour le dîner, les menus ou la carte du jour et les prix d’au moins cinq vins, avec des cartes identiques à l’intérieur (article 4). Là où un service est perçu, les documents portent « Prix service compris » suivi du taux entre parenthèses (article 1), et chaque carte ou menu indique « boisson comprise » ou « boisson non comprise », avec la nature et la contenance de la boisson (article 5). La DGCCRF (fiche du 10 février 2025) précise que ces affichages ne peuvent pas passer uniquement par un QR code, et qu’un menu à prix réduit servi à certaines heures seulement doit le dire, avec l’horaire exact.

Aucun de ces textes n’oblige à publier la carte sur internet. Mais dès qu’un prix y figure, l’arrêté du 3 décembre 1987 s’applique « quel que soit le support utilisé » : le prix annoncé est la somme toutes taxes comprises effectivement payée, en euros (article 1). Une carte en ligne dont les prix ne sont plus ceux de la salle peut aussi constituer une pratique commerciale trompeuse sur le prix (Code de la consommation, article L121-2). Reprendre en ligne les mêmes mentions que sur la carte de la salle est le moyen le plus simple de rester cohérent.

Ce guide informe ; il ne remplace pas un conseil juridique.

Allergènes, viandes, vins : les mentions à reprendre en ligne

Le règlement européen n° 1169/2011, dit « INCO », liste quatorze allergènes, du gluten aux mollusques (annexe II). Au restaurant, l’information est donnée par écrit, de façon lisible et visible : soit l’information elle-même, soit la façon de l’obtenir (Code de la consommation, article R412-14, qui reprend le décret n° 2015-447). En ligne, l’obligation vise la vente à distance : si votre site prend des commandes à emporter ou en livraison, les allergènes sont fournis avant la conclusion de l’achat (règlement INCO, articles 14 et 44). Un site vitrine n’y est pas tenu ; une phrase qui dit comment obtenir la liste rend service.

L’origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volaille doit être indiquée au restaurant, sur la carte ou un autre support (décret n° 2025-141, selon Service Public, 2025), y compris, depuis 2024, pour les viandes utilisées dans des préparations comme les saucisses ou les steaks hachés (décret n° 2024-171, selon Service Public Entreprendre). La mention « fait maison » n’est permise que pour un plat élaboré sur place à partir de produits bruts, plat par plat, ou une seule fois si toute la carte l’est (economie.gouv.fr, 2026).

Pour les vins et cocktails, la lecture prudente est de traiter la carte publiée en ligne comme une publicité au sens de la loi Évin. Internet est un support autorisé, hors services principalement destinés à la jeunesse, si la publicité n’est « ni intrusive ni interstitielle » (Code de la santé publique, article L3323-2, 9°). Son contenu est limité par l’article L3323-4 : degré, origine, dénomination, composition, producteur, mode d’élaboration, terroir, appellation, description objective de la couleur, du nez et du goût. « Saint-Joseph 2022, syrah, 13 % vol., verre de 12 cl : 9 € » entre dans cette liste ; « le rouge des belles soirées » ou une photo de convives qui trinquent n’y entrent pas.

Le même article impose un message sanitaire précisant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et n’en dispense que les tarifs et menus « à l’intérieur des lieux de vente à caractère spécialisé ». Un site n’étant pas à l’intérieur du restaurant, ajoutez sous la carte des boissons : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. »

Ce que doit contenir la page carte

La page reprend en texte la carte de la salle, dans le même ordre. Si votre carte change chaque semaine, publiez la partie stable (formules, plats qui restent, vins) et dites quand le reste change.

En coulisses, la page peut être signalée aux moteurs : schema.org prévoit pour un restaurant la propriété hasMenu (l’adresse de la carte, son texte ou une carte structurée en rubriques et en plats), et la documentation de Google sur les établissements locaux recommande la propriété menu, « l’URL complète du menu ». Ce balisage désigne votre carte sans promettre d’affichage : la galerie des résultats enrichis de Google ne comporte pas de format propre aux cartes (version du 15 juin 2026).

  • Les rubriques dans l’ordre du service, chaque plat avec son nom, une ligne de composition et son prix TTC : « Filet de lieu, poireaux, beurre blanc — 21 € ».
  • Les formules : ce qu’elles comprennent, leur prix, « boisson comprise » ou « boisson non comprise », et quand elles sont servies (« du mardi au vendredi, de 12 h à 14 h »).
  • « Prix service compris » suivi de votre taux entre parenthèses, si un service est perçu.
  • La date de la carte (« Carte du 6 octobre 2026 ») et, si elle tourne, son rythme (« La carte change chaque mardi »).
  • Les allergènes par plat si vous tenez la liste à jour, sinon une phrase : « Les allergènes de chaque plat sont indiqués par écrit au restaurant ; demandez la liste au service. »
  • L’origine des viandes, écrite comme en salle : « Bœuf — Origine : France ».
  • Les vins : appellation, millésime, degré, contenance (« verre de 12 cl ») et prix, avec le message sanitaire sous la liste.
  • Tout en bas, le PDF avec son format et son poids : « Télécharger la carte (PDF, 180 Ko) ».

Tenir la carte à jour, et quand garder un PDF

Le risque tient moins au format qu’à l’oubli. Faites de la page du site la version de référence, datée, et alignez sur elle la carte imprimée et la fiche Google, dont le champ « Lien vers le menu » peut pointer vers cette page. Selon l’aide de la fiche d’établissement Google, vos clients peuvent aussi y publier des photos de votre menu, et quand Google trouve plusieurs sources, il vous laisse choisir celle à afficher : autant de copies à surveiller.

Garder un PDF en plus a du sens : pour qui veut imprimer, pour un menu de groupe ou de fête, pour une longue carte des vins. Le RGAA admet d’ailleurs un document à télécharger dès lors qu’il existe une version HTML accessible (critère 13.3). Remplacez le fichier à la même adresse plutôt que d’en ajouter un nouveau, et supprimez les anciens : un PDF laissé sur le serveur reste consultable par quiconque a son lien.

Tout restaurant n’a pas besoin d’une page dédiée : si l’offre tient en dix lignes, comme dans un bar à cocktails ou un comptoir de sandwichs, une section carte sur la page d’accueil suffit. Pour certains, une fiche Google bien tenue, avec son menu, fait l’essentiel du travail ; notre guide sur le choix entre site et fiche Google détaille ce cas.

Sur les sites que nous construisons, la carte est publiée en texte et votre PDF devient un lien de téléchargement sous la liste ; sur un site de plusieurs pages, elle a sa propre page, signalée à Google par la propriété menu. Changer un prix ou remplacer un plat est une petite modification au sens de nos conditions : la formule de suivi Essentiel (29 € par mois) comprend 1 petite modification par mois, sous 5 jours ouvrés ; la formule Confort (59 € par mois), des petites modifications illimitées, sous 48 h ouvrées.

Questions fréquentes

Google indexe-t-il une carte de restaurant en PDF ?
Oui, si le PDF contient du texte : Google cite le PDF parmi les formats qu’il indexe. Pour une carte scannée ou photographiée, il « peut » lire le texte par reconnaissance de caractères, sans s’y engager. Si vous ne pouvez pas sélectionner le nom d’un plat, ne comptez pas sur le moteur pour le lire.
Suis-je obligé de publier ma carte sur mon site ?
Non. Les obligations d’affichage de l’arrêté du 27 mars 1987 concernent la salle et la devanture. Si vous publiez des prix en ligne, ils sont TTC, en euros, et doivent correspondre à ceux que vous pratiquez.
Un QR code sur la table peut-il remplacer la carte papier ?
Non, selon la DGCCRF : les affichages obligatoires ne peuvent pas passer uniquement par un QR code. Un QR code peut mener à votre carte en plus des cartes papier ; mieux vaut alors qu’il ouvre une page web qu’un PDF à zoomer.
Dois-je indiquer les allergènes sur mon site ?
Oui, si votre site prend des commandes à emporter ou en livraison : l’information est donnée avant l’achat (règlement INCO, article 14). Pour un site vitrine, l’obligation s’exerce au restaurant, par écrit ; une phrase qui dit comment obtenir la liste reste utile.
Une photo de l’ardoise suffit-elle ?
Comme illustration, oui ; comme seule carte, non. C’est une image, qu’un lecteur d’écran ne lit pas et qu’un moteur ne lit pas de façon fiable. Publiez le texte de l’ardoise à côté de la photo, daté du jour ou de la semaine.

Sources

  1. Google Search Central, « Types de fichiers indexables par Google » (File types indexable by Google), page mise à jour le 3 février 2026, consultée le 4 octobre 2026 — developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/indexable-file-types
  2. Google Search Central Blog, « PDFs in Google search results », 1er septembre 2011, consulté le 4 octobre 2026 — developers.google.com/search/blog/2011/09/pdfs-in-google-search-results
  3. Jakob Nielsen et Anna Kaley, « PDF: Still Unfit for Human Consumption, 20 Years Later », Nielsen Norman Group, 9 août 2020 — www.nngroup.com/articles/pdf-unfit-for-human-consumption/
  4. DINUM, RGAA 4.1.2, « Critères et tests », critères 1.8 (image texte) et 13.3 (document en téléchargement), consulté le 4 octobre 2026 — accessibilite.numerique.gouv.fr/methode/criteres-et-tests/
  5. W3C, WCAG 2.2, « Understanding Success Criterion 1.4.5: Images of Text », consulté le 4 octobre 2026 — www.w3.org/WAI/WCAG22/Understanding/images-of-text.html
  6. Loi n° 2005-102 du 11 février 2005, article 47 (accessibilité des services en ligne), version en vigueur depuis le 8 septembre 2023, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037388867/
  7. Arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place, articles 1, 4 et 5, Légifrance, consulté le 4 octobre 2026 — www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000338985
  8. DGCCRF, « Restaurants : droits et obligations des professionnels », 10 février 2025, economie.gouv.fr — www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/restaurants-droits-et-obligations-des-professionnels
  9. Arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix, article 1, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006883501
  10. Code de la consommation, article L121-2 (pratiques commerciales trompeuses), en vigueur depuis le 28 mai 2022, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044563114
  11. Code de la consommation, article R412-12 (allergènes de l’annexe II du règlement 1169/2011), en vigueur depuis le 1er juillet 2016, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032807850
  12. Code de la consommation, article R412-14 (allergènes dans les lieux de restauration), en vigueur depuis le 1er juillet 2016, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032807854
  13. Décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l’information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées, Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000030491684
  14. Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO), articles 14 et 44, annexe II, EUR-Lex — eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32011R1169
  15. Service Public, « Obligation d’affichage de l’origine des viandes dans les restaurants », 5 mars 2025 (décret n° 2025-141) — www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18108
  16. Service Public Entreprendre, « L’information d’origine des viandes s’étend aux viandes transformées », 11 mars 2024 (décret n° 2024-171) — entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A17206
  17. Ministère de l’Économie, « Restauration : qu’est-ce que la mention “fait maison” ? », 26 août 2026, economie.gouv.fr — www.economie.gouv.fr/entreprises/developper-son-entreprise/labels-qualite-et-valorisation-du-savoir-faire/restauration-quest-ce-que-la-mention-fait-maison
  18. Code de la santé publique, article L3323-2, 9° (publicité en ligne pour les boissons alcooliques), Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034110404
  19. Code de la santé publique, article L3323-4 (contenu de la publicité, message sanitaire), Légifrance — www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049070860
  20. schema.org, type FoodEstablishment, propriété hasMenu, consulté le 4 octobre 2026 — schema.org/FoodEstablishment
  21. schema.org, type Menu (hasMenuSection, hasMenuItem), consulté le 4 octobre 2026 — schema.org/Menu
  22. Google Search Central, « Données structurées d’établissement local (LocalBusiness) », propriété menu, page mise à jour le 8 septembre 2026 — developers.google.com/search/docs/appearance/structured-data/local-business
  23. Google Search Central, « Balisage de données structurées compatible avec la recherche Google » (galerie des résultats enrichis), page mise à jour le 15 juin 2026 — developers.google.com/search/docs/appearance/structured-data/search-gallery
  24. Aide Fiche d’établissement Google, « À propos de l’éditeur de menu », consultée le 4 octobre 2026 — support.google.com/business/answer/9455840?hl=fr

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